Colter Wall @ The Riot Room, Kansas City

Je ne suis pas morte ! Au contraire, je suis plus que vivante ! Mais quand je serai capable de revenir sur le semestre que je suis actuellement en train de vivre, je pourrai vous montrer à quel point j’ai eu du pain sur la planche. Bref, en ce moment j’ai peu d’occasions de me détendre, mais récemment j’en ai eu une bonne que je vais partager ici !

Colter Wall en concert à Kansas City, MO

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Je vous préviens, la qualité des photos ne sera pas au top dans cet article.

Si vous ne connaissez pas Colter Wall, on va réparer ça tout de suite. Déjà, c’est un jeune chanteur et guitariste. Mais vraiment jeune, du genre : 22 ans. Pas américain, mais canadien : plus précisément originaire de la province de Saskatchewan, donc les grandes prairies du centre du pays (une région que j’ai traversée et dont j’aime bien me rappeler en ces termes : « Y a personne mais les gens sont gentils »).
Ses chansons sont classées en « folk » et « musique country », et ses principales influences sont des artistes comme Bob Dylan, Johnny Cash, Townes Van Zandt, Willie Nelson ou encore Hank Williams. Alors si ces noms vous disent quelque chose et si vous êtes déjà des fans avérés, vous n’aurez aucun problème à apprécier Colter Wall ! Et si vous n’avez aucune idée de quoi je parle, je vous encourage quand même à rester.

La première fois que j’ai entendu Colter Wall, c’était dans le film Hell or High Water de David Mackenzie, qui est sorti en France sous le nom Comancheria. Toute la musique du film est extra, au passage !
Et je suis devenue instantanément fan de Colter Wall, surtout grâce à cette chanson : Kate McCannon.

Cette chanson, c’est ce qu’on appelle une « murder ballad ». La musique de Colter Wall appartient plus spécifiquement à ce qu’on appelle « Outlaw country », soit un sous-genre de la musique country dont les interprètes se qualifiaient explicitement de « hors-la-loi » (coucou Johnny Cash !). Et ce qui est intéressant avec Colter Wall, c’est qu’il se réclame de ce courant tout en combinant des éléments venant de son exact opposé dans les années 1950-60, le « Nashville sound » (lui-même ayant peu à peu remplacé le « honky-tonk », si vous voulez tout savoir). Après ces distinctions conceptuelles du répertoire country, faisons une pause avec une autre de mes chansons préférées de lui : Motorcycle.

Et ça, franchement, c’est exactement le genre de chanson que j’adore et je pense que je ne m’en lasserai jamais.

Maintenant, direction Kansas City !

J’ai donc pris ma petite voiture et j’ai fait environ 2h30 de route (aller-retour) pour aller jusqu’à The Riot Room après le travail. Je vois d’ici la tête de mes parents :
« Alors Juliette, t’as fait quoi hier soir ?
– Bah rien de spécial, je suis partie toute seule voir un concert d’Outlaw country dans une salle qui s’appelle The Riot Room. »

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~ Cette soirée vous est proposée en partenariat avec les admirateurs de Jesse James et les amoureux de la gâchette de mon quartier. ~

Et vous savez, quand vous allez voir un concert labellisé « folk » dans un endroit comme Paris, Nantes ou même une ville de la côte Est des Etats-Unis, en général vous croiserez plutôt des hipsters et d’étranges spécimens postmodernes urbains. Mais là, on est à Kansas City, Missouri, dans un concert où le public colle parfaitement aux textes qu’on entend chanter : exit les hipsters, bonjour les hommes authentiques du Midwest !
Je dis « hommes » seulement ici, ce n’est pas par hasard : je pense que les deux tiers du public étaient de sexe masculin. Et moi, je devais être la seule femme non-accompagnée par un homme faisant deux fois ma taille et ma largeur. Vraiment, je vous assure, ils étaient tous beaucoup trop grands, beaucoup trop larges et ils portaient tous beaucoup trop de casquettes. (Sauf le bassiste du groupe de Colter Wall qui nous a tous mouché avec son chapeau d’officier confédéré.)

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C’était ma tête en débarquant dans la salle.

J’ai néanmoins pris place à peu près devant la scène, en me faufilant au milieu de gens qui m’ont quand même regardée bizarrement et qui ont (encore) dû lire « Foreigner » imprimé en fluo sur mon front. Comme quoi, mettre des bottes texanes, ça n’était pas suffisant pour dissimuler ça. Je me suis retrouvée devant un groupe de sept hommes, tous en chemise à carreau/jean/casquette/chapeau de cowboy qui m’ont un peu parlé et qui ne me croyaient pas quand je disais que j’étais française et que j’habitais à St. Joseph … et qui m’ont dit plein de choses que je n’ai pas entièrement comprises (ce qui est peut-être mieux). Puis le concert a commencé !

La première partie était assurée par Blake Bergund, un autre chanteur canadien dont le répertoire est similaire à celui de Colter Wall. J’ai beaucoup aimé ses chansons et ses textes, en plus il racontait des histoires et anecdotes issues de sa propre expérience entre chaque chanson, avec beaucoup d’humour, et c’était vraiment touchant.

Je crois que ce qui me touche le plus avec des chanteurs comme Colter Wall, Blake Berglund et tous ceux qui les ont inspirés (notamment Johnny Cash), c’est que leurs mélodies et leurs arrangements sont simplement beaux, et leurs textes sont inspirés par des faits et choses très réels souvent liés à l’histoire familiale et personnelle. Il y a une authenticité et une vérité dans ces chansons que j’apprécie énormément.
Ces textes parlent de choses parfois difficiles (la pauvreté, l’errance, le crime, la prison, les addictions) mais cela reflète ce qu’affrontent les gens d’ici. Je pense que cela m’apparaît d’autant plus clairement maintenant, en vivant à St. Joseph. A côté de ça, ces chansons contiennent une poésie unique, notamment lorsqu’elles évoquent l’immensité de l’environnement et la vie rurale d’ici. Par exemple, j’ai beaucoup aimé Heat of the Sun de Blake Berglund (même si j’ai préféré la version guitare/voix plutôt que celle disponible en vidéo sur Youtube !).

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Colter Wall en flou artistique, pour le souvenir.

Globalement, il y avait une ambiance de fou pendant le concert : et ce dès le début, même sans beaucoup d’alcool ! Les gens qui sont venus ce soir-là étant vraiment des fans et connaissaient toutes les chansons, donc on a pu participer et même répondre à des sondages :
« Maintenant, je vais vous chanter une chanson qui parle de quelqu’un qui se fait arrêter … Qui a déjà été arrêté ici ?
– (Tous en chœur) Mooooiiiiii !
– Ouais les gars, moi aussi !! »
Et au milieu de tout ça : Juliette, dont les dimensions corporelles étaient inadaptées à la situation, manquait de se faire piétiner et écraser par des bandes de truck drivers déchaînés … en se disant « C’est pas grave, au moins j’aurais vu Colter Wall avant ! »

Je suis sortie intacte du concert, no worries. Et j’ai vraiment passé un excellent moment, du coup je vous conseille de voir ce chanteur s’il passe près de chez vous ! C’est un excellent musicien et auteur, d’ailleurs les tickets se vendent très vite (surtout s’il s’agit de dates en Europe) donc il faudra vous dépêcher. De mon côté, j’étais contente de le voir à Kansas City et de profiter d’un moment très « couleur locale » !

Je vous laisse avec Snake Mountain Blues, une reprise de Townes Van Zandt par Colter Wall que je trouve très réussie ! Bonne écoute !

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Quelque chose de typique (1)

(Oui, ce titre est une réplique de Kaamelott.)

Et si on faisait une liste de tous les trucs bizarres et typiques que je croise au quotidien à St. Joseph (et ailleurs) ? Parce que je pense qu’il y a matière. Donc un récap’ régulier, ça me semble une bonne idée ! Et ça fera une pause comique bienvenue.

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C’est parti !

Voici surtout des photos des premiers jours, à la découverte du centre-ville et des environs de l’université …

1. « J’avais peur d’oublier ma nationalité, alors je l’ai faite inscrire sur ma porte d’entrée. »

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2. « D’ailleurs j’avais aussi peur de ne pas être assez patriote, donc je pense que je vais acheter quelques écharpes pour que ça se voie. »

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3. « Et puis aussi des allumettes. »

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4. « Et enfin des vrais timbres dignes de ce nom. L’honneur est sauf. »

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5. A propos d’honneur et de tradition, sans transition, voici la série « On dirait le Sud »

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RPZ.

6. J’ai abandonné l’idée de trouver une coque adaptée à mon téléphone en magasin et j’ai cherché à en commander une en ligne, là où j’aurai plus de choix pour moins cher et …

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…. Meeeeeerde.

7. Depuis ce jour-là, je me sens poursuivie.

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Bah quoi, je cherchais un calendrier avec de l’histoire locale !

8. Mais vraiment. Poursuivie.

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LOOK AWAY.

9. Heureusement tout s’est bien passé, puisque les armes étaient interdites pendant que je faisais les courses.

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Je songe à implanter ça dans mon quartier …

10. Il faut dire que ce n’est pas le cas partout. Mais c’est normal, même quand t’achètes du savon, le nom du produit revendique fièrement le passé (et le présent ?) très « Wild West » de Saint Joseph !

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« Consommez local », qu’ils disaient … Il n’empêche que c’est un excellent produit : voir sur le site web de Gunslinger Soap !

11. Du coup ça m’a fait rire, je me suis dit : « Il manquerait plus qu’il sente la poudre, ce savon ! » Eh bien je ne croyais pas si bien dire. Quatre jours plus tard, j’ai trouvé exactement ça.

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Cette fois, au Renaissance Festival de Kansas City, chez Farmers Soapery : le savon « Van Helsing » sent exactement la poudre de pistolet, et j’ai eu en cadeau un échantillon de savon au whisky. « Wild West pheromones » … Si tu sniffes les deux en même temps, ça donne l’odeur d’Anson Mount dans Hell on Wheels. (Ne pas hyperventiler à cette évocation.)

12. Ensuite je suis allée au restaurant avant de voir Blade Runner 2049, et on a continué sur cette bonne lancée.

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Reviens, Jesse James, ils sont devenus fous !

13. Pendant ce temps, Cendrillon vidait ses placards et avait oublié quel mois on était. (Ou alors c’est un poisson d’avril en retard.)

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14. Et Downton Abbey a été mise en vente. Je ne sais pas si Lord Grantham est au courant.

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15. De toute façon, c’est pas grave : Dieu est avec nous. Partout. Tout le temps. Même quand on va pique-niquer !

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16. Et Jésus est là aussi. Même si je ne sais pas ce qu’il penserait du niveau de kitsch qu’on atteint ici pour le montrer.

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Jésus, reviens, ils sont devenus fous !

17. Et il y a des moments où les affichages religieux deviennent un peu excessifs.

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Point Godwin !

18. Puisqu’on fait dans le local avec cet article, je vous ai pris en photo la vitrine d’un photographe de mariage. Kansas style !

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19. A propos de cliché et de tradition, les supermarchés ici ont fait une chose que je me dois de dénoncer en tant qu’ambassadrice culturelle française :

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… Non, rien.

20. Mais il y en a qui sont finalement beaucoup plus énervés et expressifs que moi :

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« Go in peace » quand même, hein !

« Jewels of St. Joseph » Historic Homes tour

Premier article d’une série importante sur le patrimoine de St. Joseph, MO !
Même si elle n’existe que depuis les années 1840, cette ville-frontière ouvrant sur l’Ouest a connu une croissance très rapide grâce à sa situation de carrefour. Et même si la situation est très différente aujourd’hui, de nombreuses traces de cet « âge d’or » sont toujours visibles aujourd’hui dans le paysage urbain et font la fierté des habitants.
Si un jour vous venez ici, je suis sûre que ce qui vous frappera d’abord quand vous circulerez dans les environs du centre-ville, ce seront : les maisons. D’immenses maisons, parfois abandonnées et/ou en cours de restauration, souvent de style victorien : mon quartier en est rempli ! Elles appartenaient aux familles les plus riches de la région au 19e siècle, et dans certains cas leurs héritiers (plus forcément aussi riches) en sont encore propriétaires.

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Un « petit » exemple pour commencer. Celle-ci est privée et au moins partiellement habitée.

En septembre dernier, au même moment où les Journées du Patrimoine battaient leur plein en France, j’ai passé une journée à visiter plusieurs de ces maisons : certaines sont ouvertes au public (sous forme de musée ou d’hôtel Bed & Breakfast), d’autres sont privées et n’ouvrent qu’une fois par an … à l’occasion de ce qu’on appelle ici :

Jewels of St. Joseph Historic Homes Tour

Cette visite n’a généralement lieu qu’une fois par an, donc je me suis précipitée pour acheter un ticket ! 20 dollars pour visiter 6 maisons et  2 églises, avec du personnel disposé à donner des informations et du gâteau, ça ne se refuse pas. J’ai aussi emmené avec moi ma collègue chinoise, son fils et une jeune étudiante chinoise.
Voici donc un petit compte-rendu de ce que j’ai pu voir durant cette journée !

1. The Shakespeare Chateau (The N.P. Ogden Mansion) 

Pour commencer, nous avons visité cette maison qui a été changée en Bed & Breakfast plutôt luxueux ! Nous avons donc pu voir toutes les chambres proposées à la clientèle.
La majorité de la décoration intérieure s’inspire de l’œuvre de Shakespeare, et les chambres portent des titres liés à celle-ci. L’architecte, E.J. Eckel, a été assisté par de nombreux ateliers (y compris la compagnie française Zuber pour une grande partie des papiers-peints) lors de sa construction. La propriétaire actuelle, Isobel McGowan, était présente lors de la visite pour répondre  à toutes nos questions. Et il y avait même des chats !

2. The James Robison House

La maison suivante est un exemple typique de ce qu’on appelle le Queen-Anne style, elle a été construite en 1888 par Adam Schuster qui a travaillé sur plusieurs maisons dans le même quartier. Transformée en duplex, puis en hôtel, cette maison a été inoccupée pendant plus de 10 ans et rachetée en 2015. Et je dois dire que la restauration est une réussite ! J’ai trouvé les vitraux remarquables, et il y avait aussi énormément d’objets anciens dans la maison qui changeaient les armoires en véritables cabinets de curiosités.

3. First Presbyterian Church

Voici une des deux églises qui étaient ouvertes au public ce jour-là en centre-ville. Le décor y est très sobre, mais on y trouve tout de même des vitraux Tiffany !
Autre surprise pour moi : première fois que je rencontre une femme pasteur ! Celle-ci était présente pour nous donner des explications après la messe. Nous avons même été invités à partager du gâteau dans la salle commune à l’occasion du départ à la retraite de l’organiste de l’église.

4. Christ Episcopal Church

Et juste à côté, nous avons trouvé la deuxième église ouverte !  Utilisée depuis 1857, il s’agit de la plus ancienne église protestante en ville a avoir été utilisée sans interruption. En fait, même pendant la Guerre de Sécession, les membres de l’Union et de l’armée des Confédérés venaient prier ensemble ici (y compris les généraux, dont le fameux M. Jeff Thompson). Le prêtre était là aussi pour répondre à nos questions, ça a été très utile pour moi qui me demandais ce qu’était l’Eglise épiscopale aux Etats-Unis.

5. The Harris-Hamilton house 

Retour aux maisons, maintenant ! Cette fois, une maison de style Second Empire. Celle-ci m’a bien plu : certes moins spectaculaire que les premières, mais remplie d’objets intéressants et avec des volontaires en costume historique pour guider.

6. The August Nunning House

Maintenant, retour au style Queen-Anne ! Malgré des aléas liés à de nombreux changements de propriétaire, la « Nunning House » a finalement été restaurée d’après son état en 1876. Encore une fois, la restauration est une réussite sachant que le bâtiment avait été divisé en sept appartements : les propriétaires (depuis 1985) ont donc dû reconfigurer la maison pour en refaire un logement familial individuel et lui redonner son aspect d’époque. La maison dispose d’une très jolie tour latérale décorée.
Je vous laisse admirer la richesse du décor et tous les objets qui se trouvaient dans cette maison ! Nous y avons passé beaucoup de temps parce qu’il y avait énormément de choses à regarder. (Et même des chiens qui réclamaient notre attention …)
Il paraît qu’elle sera rouverte pour Halloween, j’ai bien l’intention d’y aller !

7. The Joseph Corby mansion & conservatory

Alors là, j’avoue que je n’ai pas énormément de choses à dire sur cette maison. En fait, le propriétaire a gardé les fondations du 19e siècle mais en a fait une maison moderne, ce qui fait que … prendre des photos dedans équivaut à prendre des photos dans n’importe quelle maison du quartier. En revanche, l’imposante façade extérieure rappelle le passé de la maison et le travail de rénovation à l’intérieur est impressionnant ! Autant dire qu’il y a eu du travail …
J’ai quand même pris des photos de la collection de citrouilles et de la décoration patriotique de la maison. Même le chat a posé devant le drapeau !

 

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The Patriot Cat !

8. The Wyeth-Tootle mansion

Last but not least … L’immense manoir des familles Wyeth et Tootle. Il s’agit d’une maison-musée ouverte toute l’année, et là on en prend plein les yeux ! L’intérieur est remarquablement entretenu, l’endroit étant en partie géré par la ville et des collectifs de musées. Les pièces sont énormes et on trouve à certains étages des expositions permanentes sur des sujets spécifiques : l’histoire de St. Joseph et de sa région (de Lewis & Clark à aujourd’hui), l’actrice Ruth Warrick (née à St. Joseph), l’environnement et le fleuve Missouri …
Un lieu mémorable où j’inviterais sans faute toute personne venant visiter la ville à s’y rendre !

Et on se retrouvera vite pour d’autres lieux à visiter à St. Joseph !

The Frontier Frenchie : M+1

Un mois !

Alors ça y est, j’y vois un peu plus clair qu’à l’arrivée même si j’ai encore plein de choses à découvrir. J’ai pris le rythme de vie ici, bien intense comme je l’avais prévu : j’ai de grosses journées, je me lève très tôt donc j’essaie aussi de me coucher plus tôt qu’en France. Pour l’instant, je vais à l’université avec mon collègue/voisin qui habite l’appartement d’en-dessous : le stade d’adaptation ultime à venir sera donc l’obtention de ma propre voiture. Coming soon.

J’avoue qu’au début, c’était un peu bizarre pour plein de raisons.

Tout d’abord :

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Non mais c’est vrai, quoi ! Où est la mer ? Où est-elle ?…. LOIN. Vraiment loin.

Il m’a fallu deux bonnes semaines pour réaliser que maintenant, mon environnement c’était les prairies et que la seule forme d’eau que je verrais, ce serait un fleuve. Mais quand même, on parle du Missouri soit le plus long fleuve d’Amérique du nord, donc « c’est pas si pire » !

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Et c’est drôlement beau.

Je ne suis pas entièrement dépaysée, ceci dit, puisqu’ici il existe un restaurant-café français qui cuisine à peu près la même chose que je mangeais à Saint-Nazaire ! En plus, ils font une crêpe qui porte mon nom ! J’ai hâte d’y retourner parce que c’est très bon, en plus. Le propriétaire doit être le seul Français du coin avec moi, mais au moins je trouve qu’on représente bien notre pays ! (Culture et bouffe = La dignité.)

 

A propos d’étrangers en terre américaine, on peut reparler des questions personnelles sur les formulaires de base ? (sécurité sociale, taxes, versement de la paie …) HEIN ?

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Je me suis pas encore remise du « (Not) Hispanic or Latino ». Et je ne sais toujours pas qui est censé être « multiracial » (je pensais que j’étais éligible, mais non !).

Il y avait autre chose que je ne réalisais peut-être pas complètement avant d’arriver à St. Joseph :

Vous auriez pu me prévenir que j’allais enseigner en pays tropical !

Sérieusement, depuis un mois j’ai quasiment aussi chaud que quand j’étais dans la forêt primaire en Malaisie. Je me débrouille avec ça, pas de souci (ça me réussit mieux que le froid !) mais c’est une sensation étrange. On est dans le Midwest, mais la chaleur lourde et humide combinée au fort soleil et aux cigales parfois assourdissantes me fait plus penser au Sud qu’autre chose ! C’est très bien, j’ai prévu d’aller dans le Sud pour les vacances donc ça me prépare !

Seule ombre au tableau : l’air conditionné est cassé dans le bâtiment où j’enseigne, et mes salles de classe n’ont pas de fenêtres ni de ventilateurs … Avec 25 étudiants à l’intérieur, je sors de mes trois classes trempée de sueur et assoiffée !
« La jungle » (surnom que j’ai donné à ce bâtiment) a donc fait la une du journal universitaire :

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Finalement, si jamais je suis rappelée par le rectorat de Guyane, je pourrai au moins vanter ma résistance à la chaleur HAHA.

Il fait tellement chaud que certains ont dû essayer de mettre leur bureau dehors :

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C’est normal à St. Jooooe !

Et on arrive même à faire pousser des pommes d’Amazonie, du coup !

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… Non, c’est une blague. Ce sont juste des pommes d’Amazonia, Missouri. (Zéro exotisme.)

Malgré la grosse chaleur et les orages, je me promène pas mal (il en faut plus pour m’arrêter de vadrouiller partout). Voici donc quelques photos du centre-ville de St. Joseph, et vous pourrez notamment y voir les très belles peintures murales qui retracent l’histoire de la ville : les premiers pionniers, les émigrants vers l’Ouest, les peuples amérindiens, la Guerre de Sécession par exemple.

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué un truc sur ces photos ?

… Oui ?

Il n’y a personne dans la rue, bravo !

Mais pour de vrai, je vous jure qu’en dehors de certaines petites zones qui se « remplissent » à l’occasion d’événements ponctuels, il n’y a PAS UN CHAT. Enfin, si, il y a plein de chats miteux mais … bref. J’avoue qu’au début je n’y ai même pas fait attention, mais graduellement je me suis dit : « En fait, y a pas âme qui vive dans la rue ! » (Qui a dit « Comme le soir à St-Nazaire en semaine ? » Dénoncez-vous!)

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OK, ça c’est aussi ce que j’ai ressenti au début où j’étais dans mon graaaand appartement.

La première raison, c’est que déjà tout le monde conduit ici et il y a très peu de piétons. Ca limite donc les possibilités de croiser des gens qui marchent dans la rue. Ensuite, et ça j’ai eu du mal à l’admettre : il y a des endroits et situations à éviter clairement dans cette ville. J’ai été forcée de constater ça pendant le week-end prolongé du Labor Day, début septembre, où il y a eu un enchaînement d’incidents dans mon quartier : ça a tiré des coups de feu pendant trois jours, surtout la nuit. Ce n’est pas du gros crime organisé comme dans les grandes villes, ce sont des gens qui règlent leurs comptes entre eux et qui ensuite s’en prennent à la police qui intervient ; et force est de constater que la circulation de drogue empire les choses. Comme je l’ai déjà dit dans l’article précédent, St. Joe n’est pas du tout une ville favorisée : les problèmes de pauvreté et tout ce qui s’ensuit (problèmes d’hygiène, de santé, de logement, de mal-être) sont légion ici, et c’est très visible dans mon quartier. Donc si vous avez envie de voir « l’envers du décor » de l’American way of life, je vous en prie, c’est par là !

Au début, ça a été très dur pour moi d’admettre que je ne pouvais pas sortir seule le soir, que je devais éviter certains endroits à tout prix ou alors que c’était mieux d’être avec quelqu’un (surtout un homme ?) dans certains cas. J’ai pas mal voyagé par moi-même et je suis persuadée que les gens sont globalement gentils, j’arrive à bien me débrouiller et je suis très indépendante, donc j’ai vraiment dû prendre sur moi pour ne pas rager pendant les premiers jours.

Pour ne pas dramatiser, regardez le soleil qu’on a dès 6h30 du matin en ce moment !

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90°F. So much for autumn.

Mais comme je l’ai déjà dit, personnellement je suis contente d’être ici parce que je suis très utile dans mon université d’accueil et j’apprends énormément. Je suis également contente de voir autre chose que l’Amérique des mégapoles et des zones côtières. J’y suis très bien accueillie en plus, donc il me semble que cette région mérite qu’on s’attarde un peu et qu’on aille au-delà des apparences pour la connaître : « Scratch the surface », je crois que ça va devenir ma devise !

J’ai même plein de « furry friends », par exemple ici : le principal chat du quartier. Il est un peu abîmé par la vie mais très affectueux ! Il représente très bien St. Joseph, haha !

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Il faudra que je fasse un autre article sur la faune du coin, parce qu’il y a plein de bestioles en ville.

Bientôt je commencerai à parler du patrimoine local, premier article d’une looongue série … Alors à très vite pour découvrir ça ! You’ll be surprised !

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Back to school (feat. Martin Luther King III)

Cela fait 3 semaines que j’ai fait ma rentrée !

Eh oui, déjà !

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L’horloge du campus de Missouri Western State University

Je vous passe les détails de la première semaine : c’était chouette parce que j’ai rencontré tous mes collègues à ce moment-là, mais sinon c’était surtout de la paperasse qui traîne et qui donne mal à la tête. Si jamais ce sujet vous captive (il faut tolérer les fantasmes de chacun), je pourrai toujours faire un article dessus mais le principal souci avec les paperasses locales, c’est qu’elles peuvent être légèrement différentes selon l’Etat où on réside. Actuellement, j’en suis au stade suivant : j’ai mon numéro de sécurité sociale (SSN, c’est-à-dire l’assurance chômage/retraite), j’ai rempli tous les formulaires de taxes et je suis en route pour la préparation du permis de conduire.

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Le logo de mon université, avec son emblème : un griffon !

La deuxième semaine a marqué le début des choses sérieuses : les premiers jours de cours ! Et donc, premiers jours d’un nouveau métier pour moi … Bref, je n’ai presque pas dormi la veille de ma première matinée de cours. J’ai passé des heures à faire et refaire les syllabi (guides de classe) pour mes 3 classes, à apprivoiser le manuel de classe (qui n’est vraiment pas top, donc je ne l’utilise presque pas) et à mettre en place des activités pour inciter mes étudiants à participer.
Au final, j’ai beaucoup stressé pour pas grand-chose : il a suffi d’une vidéo sympa pour que les étudiants soient à peu près à l’aise, le plus dur a plutôt été de leur faire comprendre qu’ils devaient lire le syllabus et faire leurs devoirs pour valider leur semestre. Pendant une bonne dizaine de jours, j’ai reçu des tonnes d’e-mails avec des questions auxquelles j’étais forcée de répondre « Please refer to your syllabus », mais le bourrage de crâne a fini par payer ! Maintenant, je crois que tout le monde fait à peu près ses devoirs correctement, haha ! Après, mes étudiants en niveau Intermédiaire ont des lacunes totalement anormales en grammaire, mais on y travaille … (Il paraît que ma collègue chinoise a reçu des échos d’étudiants disant qu’ils appréciaient ma patience, c’est plutôt positif !)

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Globalement, je suis très contente de mon emploi du temps de ce semestre : je suis en charge de 3 classes (deux cours de débutants et un cours « intermédiaire »), qui ont lieu le matin à la suite trois fois par semaine. J’ai une cinquantaine d’étudiants en tout, majoritairement entre 18 et 22 ans.
Le reste du temps, eh bien je ne m’ennuie pas : je corrige les devoirs (surtout des exercices à faire à la maison pour réviser ce qu’on n’a pas toujours le temps de voir en 50 minutes de cours), je dois tenir un registre rigoureux des éventuelles absences (cela a un impact sur la note finale), je prépare mes cours et mes activités, je reçois mes étudiants dans mon bureau s’ils ont besoin d’aide, je prépare des événements culturels sur le campus avec ma collègue francophone et … je vais en cours ! En effet, avec le programme Fulbright, 2 cours nous sont offerts gratuitement par semestre : je suis donc inscrite à un cours d’histoire américaine et à un cours de littérature latino-américaine (entièrement en espagnol !). Et bien sûr, je fais mes devoirs et je révise tout ça.

Côté « Faculté », maintenant !

Pour le moment, que du positif. Même si évidemment, il existe des conflits et des gens qui ne s’entendent pas (comme partout), globalement l’ambiance est amicale et tout le monde est prêt à aider ! Une collègue chinoise est arrivée en même temps que moi, avec son petit garçon, donc je ne suis pas la seule « nouvelle » et je m’entends très bien avec elle. Pour voir nos têtes sur le site du département d’Anglais et Langues étrangères, c’est ici !

L’un des gros événements auxquels j’ai assisté récemment, c’est ce qui s’appelle la « Convocation », ou plus exactement Convocation on Critical Issues.

C’est une cérémonie d’ouverture qui a lieu à chaque rentrée, et qui est financée par un avocat célèbre de la région et différents sponsors locaux. Tous les étudiants, les professeurs de l’université et même les lycéens (et potentiels futurs étudiants) des environs sont invités à y assister et un invité de marque vient faire une conférence.
Alors apparemment, d’après ce que j’ai compris, dans le passé les intervenants provenaient majoritairement d’un … certain bord politique et moral, dirons-nous. Le bord disposé à dire : « La solution aux fusillades dans les écoles et universités, c’est d’autoriser les armes partout et de prier avant chaque classe. » Asseyez-vous, demandez-vous « What would Jesus do ? » et soupirez un bon coup, c’est fini.

Oui parce que cette année, le programme semble avoir bien changé :

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Martin Luther King III, je vous prie.

Le fils de Martin Luther King, donc. Qui nous a servi un discours à la fois utile, totalement épique et adapté aux circonstances actuelles : même sans être un adepte des grands discours, je pense que n’importe quelle personne aurait été inspirée par ses propos. Rappeler des grands principes comme l’égalité, la justice et la liberté, ça fait peut-être grandiloquent sur le papier mais c’était bienvenu.

Ah, et je me suis dit que je n’allais pas terminer cet article sans vous montrer le decorum et l’étiquette de cette journée …


Quand je suis arrivée le matin, une heure avant le début de la Convocation, j’ai appris que je ne pourrais pas m’asseoir avec les professeurs sans regalia, donc sans robe universitaire. Et en plus, comme je ne suis pas docteure, il me fallait une robe de diplômée de Master ! J’ai finalement emprunté celle d’un de mes collègues (le même qui m’a confié sa collection de romans western), ce qui m’a permis de prendre place au meilleur endroit de la salle et de ne pas trop passer pour un bébé.

Pour information : je suis la seule personne de moins de 30 ans dans mon département, c’est mon premier poste d’enseignante et je n’ai pas – encore – de doctorat, donc tout le monde m’appelle « The kid » …

J’ai quand même trouvé le moyen de briller en société parce que 13 ans après avoir appris l’hymne américain au lycée (pour mon séjour en échange scolaire), je m’en souvenais encore et j’ai pu le chanter sans souci avec tout le monde lors de la cérémonie !

America fuck yeah

(cf. cette vidéo)

Sur ce, je retourne à mes devoirs d’histoire et d’espagnol très … coloniaux, et à bientôt pour de nouvelles aventures ! Je vous laisse avec ma version préférée de l’hymne américain :

 

Juliette in the middle

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The Missouri theatre (Centre-ville)

Arrivée à St. Joe : J+13.

Et tellement, tellement d’impressions et de sensations !

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Commençons par le commencement : je vais donc vous montrer mon logement ! Parce que depuis 13 jours, j’ai eu le temps de me remettre du choc subi lors de mon arrivée dans les lieux. Je veux dire … Regardez la taille du truc ! 

J’habite dans 200m². Deux cents. mètres. carré. Pour le même prix que mon 25m² à Saint-Nazaire (que je trouvais déjà bon marché !). C’est très « vintage » comme appartement, mais tant que tout fonctionne et que je n’ai pas de soucis …

Vous êtes sûrement en train de vous demander, en ce moment : « Pourquoi un prix aussi bas pour une surface aussi grande, mis à part le fait que tout est plus grand en Amérique ? » Et c’est normal, parce que même pour l’Amérique, c’est un rapport prix/surface assez hallucinant. Eh bien, ça paraît très simple et évident quand on se balade dans le quartier, et sinon il reste les statistiques : les gens ne sont pas riches à St. Joseph. C’est le moins qu’on puisse dire.
La pauvreté, je m’y attendais. Mais ça m’a quand même sauté à la figure en arrivant. Pourtant, des endroits déshérités, j’en avais déjà vus en Ile-de-France, dans l’agglomération nazairienne et au Canada (à Québec, je vivais à St-Sauveur et certaines choses ici me rappellent ce quartier) … Il faut croire que c’est difficile de se blinder face à ça. Pour vous donner une idée, ce qui est frappant à St. Joseph, c’est qu’il y a très peu de monde dans les rues et que beaucoup de maisons (pourtant très spacieuses) sont abandonnées. C’est le résultat de l’histoire de la ville, qui a connu une croissance fulgurante à la fin du XIXe siècle puis un déclin rapide avec la perte de son statut de « ville-carrefour » et les différentes crises industrielles récentes.  Les pouvoirs locaux et d’autres personnes font des efforts pour réhabiliter certains logements et rues, ça avance peu à peu mais très doucement.

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Vue depuis ma porte d’entrée, sur la gauche : toutes ces maisons sont à l’abandon.

Et il y a aussi les choses qu’on voit sur le chemin du retour du travail, ou quand on va faire sa paperasse d’arrivée : une famille expulsée qui reste devant une maison vide avec tous les meubles alignés sur le trottoir, des gens qui se mettent à pleurer au guichet de la Sécurité sociale parce que leur assurance Medicare est supprimée du jour au lendemain, les étudiants qui me disent que leur premier cycle universitaire leur permettrait de « s’en aller d’ici et ne pas revenir » …

On dirait qu’on va revisiter le « rêve américain », cette année.

Tant mieux, c’est aussi pour ça que je suis venue ici !

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Ceci est une photo de ma rue. Voilà.

Le deuxième choc que j’ai eu pendant mes premiers jours ici, c’est :

Mon Dieu, les gens sont tellement gentils.

Oui, c’est une région (très) conservatrice, oui les maisons et les routes font un peu la gueule par endroits,  ̶o̶u̶i̶ ̶h̶i̶e̶r̶ ̶s̶o̶i̶r̶ ̶l̶e̶s̶ ̶v̶o̶i̶s̶i̶n̶s̶ ̶d̶e̶ ̶l̶a̶ ̶r̶u̶e̶ ̶d̶’̶à̶ ̶c̶ô̶t̶é̶ ̶s̶e̶ ̶s̶o̶n̶t̶ ̶t̶i̶r̶é̶s̶ ̶d̶e̶s̶s̶u̶s̶, mais je suis encore scotchée par l’attitude des gens ici. Que ce soient mes collègues, mes voisins ou même les gens que je peux croiser dans la rue ou en visitant un endroit : tout le monde est prêt à aider, à donner des indications, à discuter de tout et de rien …

Exemple concret : Il y a très peu d’étrangers à St. Joe, du coup j’ai souvent l’impression de me balader avec un panneau « Outsider » sur le front. Parfois même avant que je me mette à parler, je me sens déjà repérée comme « étrangère » grâce à mes vêtements, ou alors parce que je suis la seule à être à pied (la voiture, ce sera après le premier mois de salaire !).  Mais ça donne lieu à des réactions assez géniales chez les gens, qui sont très curieux de savoir ce que je fais ici, qui me suggèrent d’aller à tel ou tel endroit, me demandent si ça va et si je ne me sens pas trop seule ici.
Je suis déjà allée au moins 5 fois au restaurant (surtout avec des gens de l’université), bien sûr j’ai été invitée à chaque fois et on m’a même offert des livres ! Franchement, que demander de plus ? (Un visa renouvelable par magie, oui je sais.)

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Là, par exemple, j’ai hérité d’une dizaine de romans grâce à un collègue … qui, avant d’être prof de littérature, était cowboy et « rodeo rider ». Je pense que ça se voit un peu.

Et puis, vous savez quoi ?

Il y a des écureuils partout !

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J’adore ces petites bestioles !

Ah, et j’allais presque oublier :

On a quand même eu une éclipse solaire totale !

Et St. Joseph était en plein dans la zone de « totalité », comme on dit ici ! La météo n’a pas été de la partie ce jour-là (le 21 août), il faisait orageux et très nuageux jusqu’à midi donc je n’ai pas vu le soleil pendant le moment crucial. Par contre, il a fait noir pendant deux minutes à 13h et c’était impressionnant !

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Spéciale dédicace Tournesol. (Hergé, Tintin et le Temple du Soleil)

Ensuite, pendant les 30 minutes qui ont suivi le cœur de l’éclipse, j’ai pu voir la lune qui s’écartait progressivement du soleil à travers les nuages !

J’ai encore plein de choses à raconter, mais là ce sera dans d’autres articles ! See you soon y’all ! 

Lost in Transportation

Je suis enfin installée à St. Joseph, donc les prochains articles concerneront ENFIN la vie dans ma « vraie ville » de résidence ! Cependant, je tenais à écrire un petit article sur mon trajet entre Syracuse, NY et l’aéroport de Kansas City (MCI).

Vous allez voir, c’est marrant.

J’étais donc censée partir de l’aéroport de Syracuse, faire un changement de 2 heures à New York – La Guardia et arriver environ 4 heures plus tard à Kansas City. En gros, en une après-midi, tout pouvait être bouclé : ça me faisait arriver à l’heure du dîner, j’étais invitée chez mon superviseur pour ça et on serait ensuite partis à St. Joseph le lendemain.
Sauf que sur ce coup-là, j’ai vraiment trop fantasmé. En effet, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pour commencer, donc : je reçois un mail de Delta Airlines (oui, j’en profite pour bien divulguer leur nom) qui m’annonce l’annulation de mon vol NYC  – Kansas City pour cause de « mauvaise météo ». D’accord, j’avoue qu’il y avait une bonne brume cet après-midi là, mais apparemment le motif d’annulation c’était la « tempête » prévue aux alentours de 20h. Je vous avoue que quand j’ai parlé de ça à mes collègues ici dans le Missouri, tout le monde a éclaté de rire en disant « Nous ici on a des tempêtes, OK, là-bas en été c’est de la rigolade et du principe de précaution » … Bref.

Première étape du trajet : après environ 3 heures passées à attendre dans l’aéroport de Syracuse, j’arrive à NYC – JFK.

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La météo à l’aéroport de New-York JFK, le soir : surtout de la pluie.

Arrivée là-bas, je constate qu’environ tous les vols domestiques au départ de New York sont annulés ou reportés de plusieurs heures. Je ne vous dis pas le bazar dans l’aéroport ! Les gens étaient excédés, tous les enfants criaient et pleuraient, pas un siège de libre …
De mon côté, après avoir annoncé je devais aller à Kansas City mais que je n’avais plus de vol, on m’a dit que j’étais déplacée sur un autre vol allant à Salt Lake City, Utah et que je pourrais ensuite refaire route vers Kansas City et arriver avant minuit.

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C’est à environ 3000 kilomètres trop loin à l’Ouest, mais bon, c’est pas grave !

J’ai déjà eu pas mal de problèmes de transports en voyageant et en m’expatriant, du coup j’ai pris mon mal en patience et je me suis dit que ce n’était pas si grave.
Sauf que comme les retards ont continué à s’accumuler à New York, j’ai loupé mon hypothétique correspondance pour Kansas City et … on m’a annoncé que la correspondance suivante me ferait passer au moins toute la nuit à Salt Lake. Pas très grave non plus, me suis-je dit : soit la compagnie aérienne me fournit un hôtel, soit je vais en dortoir en centre-ville pour 20 dollars maxi et j’en profite pour faire un tour avant mon vol le lendemain. ̶D̶e̶p̶u̶i̶s̶ ̶l̶e̶ ̶t̶e̶m̶p̶s̶ ̶q̶u̶e̶ ̶j̶e̶ ̶m̶e̶ ̶f̶a̶i̶s̶ ̶c̶o̶u̶r̶s̶e̶r̶ ̶p̶a̶r̶ ̶l̶e̶s̶ ̶M̶o̶r̶m̶o̶n̶s̶,̶ ̶i̶l̶ ̶é̶t̶a̶i̶t̶ ̶t̶e̶m̶p̶s̶ ̶q̶u̶e̶ ̶j̶e̶ ̶v̶i̶s̶i̶t̶e̶ ̶l̶e̶u̶r̶ ̶v̶i̶l̶l̶e̶ ̶!̶  Mais avec le week-end de l’éclipse solaire, tous les hébergements bon marché dans la ville étaient réservés, donc exit la solution économique ! J’arrive donc à Salt Lake City à 1h du matin (puisqu’il y avait encore eu du retard entre temps), et là les agents de l’aéroport essaient de me trouver hôtel mais tout est complet (même les plus chers), et de toute façon j’apprends que ç’aurait été à moi de payer puisque le motif de retard est lié à la météo …

Voici comment cela s’est donc terminé :

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Après une nuit très reposante (haha), je m’attendais à repartir à 9 heures du matin pour être à Kansas City à midi. Une demie-journée de retard, ça passe encore (même en se présentant pour la première fois devant son superviseur avec une tête de déterrée …).

MAIS NON : j’ai encore attendu des heures, j’ai commencé à me dire « Zut, j’aurais vraiment eu le temps de faire du tourisme au lieu de poireauter », et finalement je suis entrée dans l’avion vers 14h30 … pour en ressortir parce qu’il y avait une panne ! Retour à la salle d’embarquement, et on remonte dans un autre avion une heure plus tard.

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Heureusement, les paysages de l’Utah sont beaux, même à côté de l’aéroport.

Je suis arrivée à Kansas City vers 18h, soit 24 heures plus tard que prévu.

Mon superviseur m’a trouvée très facilement, puisque j’étais la dernière personne restée à attendre à côté du tapis roulant à bagages … et à ne pas avoir sa valise. Heureusement qu’il est arrivé, sinon j’aurais probablement fini par pleurer haha !
Nous sommes allés au comptoir de la compagnie, et je me suis rendue compte que je n’avais pas eu d’étiquette de bagage lors de mon départ de Syracuse : j’avais un reçu imprimé, mais l’agent nous a dit que ce n’était pas valable pour que je récupère ma valise et qu’on me la renvoie chez moi. Tout ce que j’apprends, c’est qu’il semble ma valise soit quelque part entre Atlanta et Kansas City. Heureusement, après avoir insisté en mentionnant mon statut d’enseignante et en disant que j’avais ab-so-lu-ment besoin de mes affaires pour lundi, le personnel de l’aéroport a finalement découvert ma valise dans … un local pour bagages, derrière le guichet. No comment. 

J’ai maintenu le dîner chez mon superviseur, et nous sommes allés à St. Joseph directement après : cela fait environ 35 minutes de route, vu que l’aéroport n’est pas dans le centre de Kansas City mais plus au nord.

Youpiiii, enfin l’installation !

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… OU PAS.

Parce que c’est bien d’avoir un appartement, mais avec l’électricité c’est mieux. Apparemment, ça n’avait servi à rien que j’appelle Kansas City Power & Light trois semaines avant puisque malgré un respect plus que correct du délai, ma ligne n’était pas activée.

Alors là, oui, j’avoue que j’ai commencé à ressembler à ça :

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Rage + PLS

L’ascenseur émotionnel a pris fin grâce à mon voisin et collègue, qui occupe l’appartement d’en-dessous et qui a signifié très clairement au fournisseur d’électricité que c’était une situation urgente et anormale : et 10 minutes plus tard, que voit-on arriver depuis le bas de la rue ? La camionnette de KCPL !

J’ai donc enfin pu poser mes affaires, mettre un peu d’air conditionné parce que la chaleur humide était assommante, et … DORMIR. J’ai beau aimé voyager, là je crois que je n’ai jamais autant apprécié l’appel de la sédentarité !

« All’s well that ends well ! »

Et on va enfin pouvoir parler du Missouri maintenant !

Summer Orientation à Syracuse, NY

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A l’aéroport de New York City

Et voilà, cela fait 6 jours que je suis arrivée aux Etats-Unis ! Et il s’est passé beaucoup de choses, puisque je me suis tout de suite rendue à Syracuse, dans l’Etat de New York, pour quelques jours de formation et orientation à l’université !

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Avant l’atterrissage à Syracuse

Comme prévu, cela a été très intense : beaucoup d’informations, beaucoup de monde et surtout beaucoup d’énergie et de gens brillants ! L’ambiance a été au top, c’est vraiment une chance de pouvoir rencontrer d’autres collègues de nombreux pays différents.
Pour vous donner une idée, nous étions environ 75 lauréats venant du Brésil, de France, d’Argentine, d’Irlande, d’Espagne, d’Afrique du Sud, de Palestine, du Maroc, d’Indonésie, de Chine, du Mexique, de Thaïlande, du Liban, d’Italie, de Turquie, du Nigéria, d’Allemagne, de Russie …

La photo que vous voyez ici a été prise le soir de la soirée culturelle, où chaque groupe a représenté son pays par une performance :

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Nos journées de formation se sont déroulées sur le campus de l’Université de Syracuse, et nous avons été assistés par des enseignants du Département de Langues. Pour moi qui entame ma première expérience d’enseignement, cela m’a apporté énormément d’informations utiles et d’idées pour mes futurs étudiants ! Par exemple, après en avoir terminé avec les sessions d’ordre plutôt formel (lois en vigueur, codes de conduite, fonctionnement des campus américains …), nous avons tous été répartis en petits groupes pour donner à nos collègues un « mini-cours » de 5 minutes sur un sujet simple dans notre langue. Ce type d’activité m’a permis d’y voir beaucoup plus clair pour la suite !

Nos mentors nous ont aussi fait visiter le campus entier, après nous avoir emmené voir une pièce de Shakespeare (As you like it) en plein air le premier jour !

Parmi les sorties qu’on nous a également proposées, nous avons visité un site appelé Our Farm, une ferme à la production très variée où il y avait même un labyrinthe formé dans les champs de maïs !
Nous sommes allés ensuite dans un petit parc local, Chittenango Falls State Park, pour voir une chute d’eau. Même si le temps a manqué pour y rester un peu plus longtemps, je trouve que ces temps de détente étaient bienvenus pour faire une pause entre les sessions de formation !

Difficile de vous livrer mes premières « vraies » impressions après ces quelques jours, puisque je suis toujours en transit et pas encore installée. J’ai d’ailleurs écrit cet article depuis les aéroports de Syracuse et Salt Lake City (oui, vous avez bien lu !) puisque j’ai de gros soucis d’avion … Le temps est passé vite pour tous les Fulbright FLTAs réunis ici, sans que nous ayons eu beaucoup de temps libre. De plus, je connais déjà l’Etat de New York donc certaines choses ont été assez familières pour moi, et j’étais entourée de jeunes enseignants comme moi : en gros, je pense que la vraie adaptation et le probable choc culturel sont plutôt pour ce week-end !

La seule chose que je remarque pour le moment, c’est qu’ici le tempo est plus rapide qu’en France (ou en tout cas, là où je vivais) : les gens font les choses très vite, vont droit au but et essaient de ne pas perdre trop de temps dans la vie quotidienne. « Time is money », comme on nous l’avait déjà dit pendant la préparation à Paris !
J’ai quelques soucis digestifs aussi, en grande partie dus au voyage (et au décalage) mais je pense aussi que je mets un peu de temps à m’adapter à la nourriture. Cela ira certainement mieux quand je pourrai choisir et cuisiner moi-même mes plats tranquillement.

A propos de choses comestibles et buvables, je tenais à vous montrer ce superbe bidon de drogue sucrée :

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J’adore le thé Arizona, je sens que je vais finir par acheter un truc comme ça si je retombe dessus … D’autant que je n’ai pas testé ce modèle de « sweet tea » !

Et pour continuer avec la bouffe, si jamais vous passez à Syracuse, je vous conseille le Strong Hearts Cafe sur Marshall street (à côté du campus) : c’est un endroit qui sert des plats et des boissons végétariens/végétaliens, et les milkshakes au lait végétal sont excellents et très consistants ! La plupart d’entre eux portent des noms de figures célèbres liées à la défense des droits civiques, à la liberté et à la résistance, comme vous le voyez ici :

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Prochaine étape : le Missouri !

… OU PAS.

Mais ça, ce sera dans l’article suivant !

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Je pars dans 2 jours !

C’est surréaliste de lire ça … mais ça y est ! Aujourd’hui, c’est mon dernier jour à la maison et demain, direction l’aéroport de Paris en train : je reste dormir à l’hôtel sur place car l’enregistrement pour mon vol doit se faire samedi matin avant 6h30.
D’autres collègues, déjà arrivés, m’ont fait part de leurs mésaventures avec les vols annulés, modifiés, les bagages endommagés etc. Du coup, je suis bien contente d’arriver dans l’Etat de New York avec un jour d’avance, ça me laisse du temps en cas d’imprévu !
En gros, je vole directement vers NYC où je passe la douane et j’ai 6 heures d’escale avant de repartir pour Syracuse. J’y passerai une première nuit chez l’habitant, puis le lendemain je rejoindrai l’hôtel sur le campus.

J’ai fait un tri démentiel dans mes affaires pour tout empaqueter sans que ça prenne trop de place chez mes parents, voici donc une illustration :

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Aaahhh c’était tellement le bazar, ça me rend malade de voir ça ! Moi qui essaie de faire la minimaliste tout le temps, ça m’est insupportable de voir des choses déballées et étalées partout …

Pour les bagages, j’ai droit à 23 kgs maximum dans un seul bagage en soute, aux dimensions imposées par United Airlines. Si j’en ajoute un autre, je dois payer. Du coup, par souci d’économie et de facilité, j’ai réussi à tout mettre dans ma nouvelle valise (merci les hyper soldes sur Internet !) et j’ai même découvert qu’elle faisait 4 kgs de moins que prévu !
Pour alléger mes affaires, j’ai tout simplement emporté uniquement des vêtements d’été et de demi-saison. Le peu de vêtements chauds que je possédais ici ne feront pas l’affaire quand il y aura le gel et le vent d’hiver dans les Grandes Plaines, donc j’ai tout donné aux réfugiés du coin et je chercherai du matériel approprié sur place. J’ai juste pris mes flûtes pour faire de la musique, j’ai déplacé mes restes de shampooing et crèmes dans de petits contenants très légers (et solides) et j’ai choisi des cadeaux de petite taille et pas fragiles pour mon directeur et mon futur propriétaire.

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Je m’excuse pour ce gif ridicule, ça doit être mes nerfs … 

Les choses que j’ai pensé à emporter depuis des mois dans la valise :

  • Une paire de lunettes de vue de rechange.
  • Mes relevés de notes et diplômes avec traductions assermentées.
  • Ma réserve de contraception et de médicaments contre les allergies pour un an avec ordonnances originales et copies.
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Et il reste encore de la place dans la partie fermée sur la droite !

Voilà, ça c’est pour la partie pratique.

Maintenant, venons-en à l’état d’esprit d’avant le départ …

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Psychologiquement, je crois que les dernières semaines avant de partir ont été les plus difficiles. Déjà, parce que j’ai reçu mon visa corrigé seulement fin juillet alors que j’avais déjà le billet d’avion, le contrat de travail, l’hébergement temporaire et permanent bouclés pour début août depuis des semaines …
Ce départ a été un gros investissement pour moi, en particulier financier (surtout si on ajoute aux démarches ma formation FLE de l’an dernier) donc j’ai légèrement pété les plombs le mois dernier avec le visa. De plus, autant je m’en sors bien quand je suis « dans l’action » dans un endroit nouveau, autant j’ai du mal à supporter l’attente qui précède. Je passe sur les autres raisons plus personnelles qui ont pu accentuer ce stress, mais juillet a clairement été le pire mois de l’année en ce qui me concerne.
Et puis comme l’esprit et le corps ne sont pas fichus de se séparer de temps en temps, j’ai eu droit à un cortège de symptômes physiques : problèmes de sommeil, cauchemars, absence totale d’appétit, diaphragme coincé, crampes, spasmes et névralgies de partout … Cela a l’air de se dissiper depuis une petite semaine, et je pense que le plus dur est passé.

Alors voilà, comme c’est à la mode de déclarer sa « vulnérabilité » (si j’en crois les articles de coaching qu’on lit partout), je le dis : VIVEMENT L’ATTERRISSAGE.

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Il y en a une que ça n’empêche pas de dormir, en tout cas : ma Noisette, à savoir le chat que j’ai depuis 17 ans. Une mamie indestructible, qui a toujours un comportement de chaton et qui doit malheureusement rester à la maison !… (et en colocation avec un autre chat, en plus, haha !)

Je termine sur cette image paisible et mignonne pour finir de profiter de ma journée, et à bientôt pour d’autres aventures … sur un nouveau continent ! 

« Les laissez-passer DS-2019, DS-160 et J-1 ! »

Non, ces mots barbares ne sont pas les noms des vaisseaux spatiaux qui nous conduiront en Amérique dans quelques jours … c’est la paperasse cruciale du rendez-vous à l’ambassade des Etats-Unis pour le visa !

Ouiiiii de la paperasse, encore !

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© Black Books

Avouez que ça vous avait manqué.

Je vais faire mon possible pour rendre ça un peu ludique et drôle, mais je vous jure que ça ne va pas être facile.

Pour résumer, toute personne demandant un visa d’échange ou de travail pour les Etats-Unis doit se rendre à l’ambassade (à Paris) pour un entretien et le dépôt d’une confirmation de dossier enregistré en ligne : dans mon cas, cela portait le nom de DS-160 car je demande un visa qui ne fait pas partie de la catégorie « Immigrant ».
Pour que tout soit validé, il m’a fallu également arriver à l’ambassade avec un formulaire appelé DS-2019 : un certificat d’éligibilité avec un numéro d’identification unique, qui atteste de mon statut de lauréate (et enseignante) Fulbright auprès du Département d’Etat. En gros, c’est un papier aussi important que mon passeport, j’en aurai besoin pour toutes mes démarches sur place et pour circuler hors du territoire également. Ce papier m’a été remis par la Commission franco-américaine avant mon entretien de visa, directement devant l’ambassade car j’arrivais tout juste de province.

Quand on est un ̶v̶e̶i̶n̶a̶r̶d̶ ̶d̶e̶ lauréat Fulbright, sachez que prendre rendez-vous en avance n’est pas nécessaire : il suffit de venir à 11h, tous les jours ouvrés de la semaine sauf le mercredi !

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Voilà, ça c’est l’ambassade américaine, à côté de la place de la Concorde. (Source)

Concernant les documents à apporter pour le rendez-vous, il s’agit de :

  • Screen Shot 2016-07-31 at 18.46.20 La confirmation du dossier DS-160, imprimée après avoir fini la demande en ligne.
  • Screen Shot 2016-07-31 at 18.46.20 Le DS-2019
  • Screen Shot 2016-07-31 at 18.46.20 Une photo d’identité au format 5×5 (format américain !)
  • Screen Shot 2016-07-31 at 18.46.20 Une enveloppe Chronopost pour l’envoi de documents (environ 26 euros)
  • Screen Shot 2016-07-31 at 18.46.20 Le contrat passé avec l’université d’accueil (Terms of Appointments).

Autre particularité pour les « Fulbrighters » : il n’y a pas de frais à payer lors de cette démarche, que ce soit pour le numéro SEVIS ou le visa lui-même. Oui, nous sommes légèrement privilégiés !

Passage à la réalité concrète :

Parfois, il y a des choses qui sont mieux quand on les imagine plutôt qu’en vrai. Et mon passage à l’ambassade pour le visa en fait clairement partie. Laissez-moi vous expliquer !

Déjà, il faut passer les contrôles de sécurité à l’entrée !
Un conseil : n’amenez surtout pas votre ordinateur dans ces cas-là, limitez-vous au minimum vital question « appareils électroniques » dans votre sac. Si vous en amenez avec vous (forcément, moi j’avais mon téléphone portable et une clé USB avec des scans de papiers en cas de perte/vol), alors il faut les laisser à l’un des agents qui les range dans un casier et vous les récupérerez à la sortie.
Même chose pour les bouteilles d’eau. Si vous avez une gourde ou un thermos, c’est aussi à récupérer (vide) à la sortie.

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© The Lost City of Z, James Gray

En somme, vous faites comme ça : vous venez sans objet dangereux, avec une expression neutre au possible (parce que moi je souriais tout le temps en entrant et j’ai vite vu que c’était pas l’ambiance), et sans poser de question. Pas la peine de chanter.

Après ça, c’est la file d’attente pour passer au guichet !
On y présente la page du DS-160 avec le code à scanner, et si jamais ça se passe comme pour moi : l’agent consulaire n’arrivera pas à scanner votre code et à le faire coïncider avec votre numéro SEVIS, on vous découvrira une erreur dans ledit numéro et ce sera à vous de vous excuser platement (même si ce n’est pas de votre faute) en voyant la tête de l’agent en face de vous … Et vous découvrirez que faire perdre 5 minutes à l’administration consulaire, c’est moyennement apprécié ! (ou alors l’agent que j’ai vu n’était pas dans un bon jour, ce qui est un euphémisme !)

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C’était. tellement. ça.

Dernière étape : Un second guichet pour l’entretien, qui est en fait très bref ! Le mien a dû durer 2 minutes, je suis cette fois tombée sur un agent sympathique qui m’a juste demandé dans quelle ville et Etat je me rendais, et en quoi consisterait mon travail.

Ensuite j’ai pu sortir, youpiiiii !

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© The Lost City of Z (encore !)

Comme je l’ai évoqué dans l’article précédent, les heures et jours suivants ont été bénis et remplis de gens et choses passionnants, enfin c’était la récompense après le processus de recrutement et le rendez-vous consulaire !

J’étais agréablement surprise car le visa est arrivé dans la semaine chez mes parents, je n’étais pas là et malgré ça le facteur m’a appelée et s’est mis d’accord avec moi pour le déposer dans la boîte aux lettres. Quelle rapidité !

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Quand j’ai vidé mon sac en rentrant … (J’ai écrit « plz » et j’assume.)

C’est là que j’ai sauté de joie, montré le visa à mon papa, ma maman et mon chat ….

… pour m’apercevoir qu’il y avait une erreur dessus.

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*endless screaming*

La date d’expiration était beaucoup trop irréaliste : j’aurais bien aimé avoir un visa garanti jusqu’en 2022, mais après réception d’un mail de la Commission franco-américaine, j’ai su que nous étions plusieurs dans ce cas-là.
Et voilà, retour à l’expéditeur et attente du nouveau visa ! Et patience. Persévérance. Le sésame est arrivé quasiment un mois après. Maintenant j’en rigole, mais sur le moment j’ai bien stressé !

Mais là actuellement, j’en suis heureusement arrivée au stade « Tout est bien qui finit bien » pour les préparatifs ! Ce départ demande juste plus de patience que les précédents, je pars dans un pays dont l’administration peut être très procédurière alors il faut savoir faire avec. Heureusement, avant j’ai eu de l’entraînement avec l’administration grecque (ma seconde nationalité !) …
Pour le moment, je laisse la paperasse de côté et prochainement je parlerai départ et bagages !

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